RECHERCHE TERMINEE

Le rôle des facteurs sociocognitifs dans l’accomplissement des comportements d’autogestion des personnes adultes présentant un diabète.

Alexandre Bonacina Kétia (HESAV)

RÉSUMÉ DU PROJET

Introduction
Les personnes vivant avec une maladie chronique sont appelées à accomplir régulièrement des activités d’autogestion de leur maladie, avec des répercussions pour leur entourage. En Suisse, environ 400’000 personnes présentent un diabète, une maladie chronique associée à une perturbation du métabolisme du sucre, dont la fréquence des cas ne cesse d’augmenter. Le succès du traitement et le contrôle de la maladie reposent largement sur la capacité de la personne à intégrer dans son quotidien l’accomplissement des activités d’autogestion. L’autogestion du diabète comprend le plus souvent les réflexions et actions concernant la prise des traitements médicamenteux (insuline ou antidiabétiques oraux), pratiquer une activité physique, adapter son alimentation, surveiller sa glycémie et surveiller et soigner l’état de ses pieds. Bien que l’autogestion ait un impact favorable démontré en termes de prévention des complications et d’amélioration de la qualité de vie, sa mise en pratique reste un défi pour la plupart des personnes. Les croyances dites sociocognitives figurent parmi les facteurs déterminants de la motivation d’un individu pour l’adoption d’un comportement de santé. Par exemple, les croyances liées aux bénéfices et désavantages, aux attentes sociales et au sentiment d’autonomie et de contrôle, peuvent jouer un rôle déterminant, en tant qu’obstacle ou levier, dans la mise en œuvre d’une activité d’autogestion nécessitée par la maladie. L’identification de ces facteurs associés à l’adoption des comportements d’autogestion est un point de départ primordial pour trouver des moyens d’aider les personnes à maintenir sur la durée un bon contrôle de leur diabète. Il s’agit d’un enjeu qui fait partie intégrante de la Stratégie Santé 2020 de la Confédération. Ces connaissances sont actuellement limitées pour cette population, alors qu’elles seraient particulièrement utiles pour le développement d’interventions futures notamment dans le contexte suisse.

But
Le but de cette étude est de déterminer le rôle des facteurs sociocognitifs dans la motivation à l’adoption des comportements d’autogestion des personnes présentant un diabète.

Méthode
Milieu/Population : La population à l’étude sera constituée de personnes adultes, participants de la cohorte Codiab-VD c.-à-d. environ 385 personnes présentant un diabète et vivant à domicile dans le canton de Vaud, Suisse.
Design de l’étude : Cette étude a été conçue à partir d’un devis explicatif suivant la théorie du comportement planifiée (TCP). Des questionnaires papiers seront envoyés (octobre 2016 à février 2017) par courrier postal aux participants à l’étude. Ces questionnaires ont été adaptés à la population à l’étude, ils serviront à évaluer les construits directs de la TCP, l’attitude, les normes sociales, le contrôle comportemental et la motivation (Questionnaire TCP, 24 énoncés) et les pratiques d’autogestion (Summary of Diabetes Self-Care Activity (VF), 16 énoncés). Des données démographiques, liées à la maladie, au traitement et à la situation de santé seront également mesurées.
Analyses statistiques planifiées : Nous allons tout d’abord procéder à des analyses descriptives des variables mesurées puis effectuer des analyses par modèles d’équations structurelles fondées sur la TCP.

Retombées de l’étude
Les résultats de cette étude permettront une meilleure compréhension de l’influence des facteurs sociocognitifs sur l’accomplissement des comportements d’autogestion des personnes présentant un diabète. Les résultats serviront en particulier à orienter les futures interventions en éducation et accompagnement au long cours de cette population par l’identification de :
1) Facteurs sociocognitifs obstacles ou leviers de l’autogestion ;
2) Domaines de difficultés et de ressources dans l’autogestion ;
3) Caractéristiques des personnes en situations à risque de déficit d’autogestion ;
4) Stratégies éducatives et de soutien à l’autogestion pour les personnes présentant un diabète.
Ce projet est le produit d’une collaboration avec la Professeure Isabelle Peytremann-Bridevaux, Institut Universitaire de Médecine Sociale et Préventive (IUMSP) – CHUV, Université de Lausanne, et le Professeur Olivier Desrichard, Faculté de Psychologie et des Sciences de l’Education, Université de Genève.

Ce projet s’inscrit principalement dans les axes thématiques de recherche « Prévention, Promotion de la santé » de la HES-SO et « Chronicité : promotion de la santé, prises en charge et réinsertion » de HESAV. Il doit permettre d’enrichir des connaissances lacunaires dans un domaine reconnu comme prioritaire en santé publique au niveau local mais aussi international.

RÉSUMÉ DU PROJET - ANGLAIS

Background
People living with a chronic disease are called upon to carry out self-management activities on a regular basis, with implications for their families. About 400 000 people in Switzerland have diabetes, a chronic disease related to sugar metabolism disturbance, which is steadily increasing. Successful treatment and control of diabetes strongly relies on patients’ ability to integrate diabetes self-management behaviors (DSMBs) into their daily lives. DSMBs usually include decisions and actions regarding medication intake (insulin or oral antidiabetic agents), performing physical activity, adjusting diet, monitoring blood sugar, and foot care. Although DSMBs have demonstrated a positive impact in terms of preventing complications and improving quality of life, their actual daily implementation remains a challenge for most patients. Socio-cognitive beliefs are among the determinants of an individual's motivation for adopting health behaviors. For example, beliefs about benefits and disadvantages, social expectations, and one’s self-perception of autonomy and control can play a key role, either as obstacles or supports for the implementation of care behaviors like DSMBs. Identifying and understanding the influence of socio-cognitive factors associated with diabetes DSMBs is essential for finding ways to help these people maintain long-term control of their disease. Notably, this is a key aspect of Health Strategy 2020 envisaged by the Swiss Government. Whereas this kind of knowledge is presently limited for this population, it would be extremely useful for the development of future interventions particularly in Switzerland.

Objective
The aim of this study is to describe the role of socio-cognitive factors on motivation to perform of DSMBs, following the Theory of Planned Behavior (TPB).

Method
Setting and population: The population will consist of adults with diabetes participating in the CoDiab-VD community-based cohort, approximatively 385 French speaking people living at home with standing residency in the canton of Vaud, Switzerland.
Design: Cross-sectional study design using self-administered paper questionnaires sent to patient’s homes. Participants will be asked to complete questionnaires assessing the TPB standard variables (attitude, subjective norms, perceived behavioural control and intention, 24 items) pre-tested for this survey, and their actual DSMBs performance, measured with the Summary of Diabetes Self-Care Activities (SDSCA, 16 items). Sociodemographic, illness and treatment variables will also be assessed and considered in the measurements.

Planned analysis:
1) Descriptive statistics for sociodemographic characteristics and measured variables.
2) Structural Equation Modelling to test a model based on TPB.

Relevance of the study
The results of this study will allow a better understanding of the influence of socio-cognitive factors on DSMBs of people with diabetes. The results will serve in particular to guide future interventions in education and long-term support of this population by identifying:
1) Socio-cognitive factors as barriers or supports of self-management;
2) Areas of difficulty and resources for self-management;
3) Characteristics of people at risk for poor self-management;
4) Educational and self-management support strategies for people with diabetes.
This project is part of a collaboration with Professor Isabelle Peytremann-Bridevaux, Institute of Social and Preventive Medicine (IUMSP), Lausanne University Hospital (CHUV) and Lausanne University, and Professor Olivier Desrichard, Faculté de Psychologie et des Sciences de l’Education, University of Geneva.

Along the thematic framework of research “Prevention and Health Promotion” defined by HES-SO, and “Chronicity: Health Promotion, Care Interventions and Rehabilitation” defined by HESAV. This research is meant to fill the lack of knowledge in a priority field of public health at the local and international level.

équipe de recherche

Financement

  • HES-SO - Haute école spécialisée de Suisse occidentale - Rectorat